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Jeux vidéos

Mythologie grecque : 6 jeux vidéo qui la racontent mieux que personne

Mythologie grecque : 6 jeux vidéo qui la racontent mieux que personne

Trois mille ans que ces histoires tournent, et elles n'ont jamais été aussi vivantes que sur un écran. Il faut dire que la mythologie grecque a tout ce qu'un jeu vidéo réclame : des dieux à la moralité douteuse, des monstres à géométrie variable, des punitions éternelles qui sont déjà des mécaniques de gameplay — Sisyphe n'attendait que le game design pour être compris. Du roguelite au puzzle, voici six façons de descendre aux Enfers, et presque autant d'en revenir.

1. Hades, le sommet du genre

Commençons par l'évidence. Dans Hades, vous êtes Zagreus, fils du dieu des morts, et vous tentez de vous échapper des Enfers — en mourant beaucoup, ce qui tombe bien, c'est le principe du roguelite. Le coup de génie de Supergiant Games : chaque mort ramène à la maison, où toute la famille olympienne commente vos échecs entre deux faveurs divines. Personne n'a écrit les dieux grecs avec autant d'esprit, et le jeu se paie le luxe d'être aussi profond manette en main qu'au scénario.

2. Apotheoze, le puzzle qui transforme les mythes en règles

Changement complet de registre avec Apotheoze, un puzzle d'action gratuit qui se joue directement dans le navigateur, sur téléphone comme sur ordinateur. Le principe : aligner des blocs ne les fait pas disparaître mais les transforme en fusée, qui doit emporter toute la pile au-dessus d'elle hors de l'écran — trop lourde, elle retombe. Là où le jeu devient fascinant, c'est que sa mythologie n'est pas un décor : c'est le règlement. Ses 64 mondes s'étagent sur huit strates, de la terre des mortels jusqu'à l'Olympe, et chacun tire sa règle de son mythe — sur Sisyphe, la première fusée retombe toujours, il faut relancer le rocher ; sous le regard de Méduse, ce qui reste immobile se change en pierre ; chez Éole, le vent déporte tout ce qui tombe. On finit par connaître ses classiques non parce qu'on les a lus, mais parce qu'on les a subis. Sans pub, sans achats intégrés, avec un défi quotidien et des duels : la plus petite porte d'entrée de cette liste, et peut-être la plus maligne. Ca vous rappelera Meteos sur Nintendo DS, pour les plus anciens.

3. God of War, la trilogie d'origine

Attention au piège : les God of War récents, magnifiques, sont partis chez les dieux nordiques. La mythologie grecque, c'est la trilogie d'origine — Kratos, spartiate trahi par l'Olympe, qui remonte le panthéon à mains nues avec la délicatesse d'un bélier de siège. C'est brutal, excessif, spectaculaire, et c'est probablement l'adaptation la plus fidèle à l'esprit des tragédies : tout le monde y est coupable, et ça finit mal pour à peu près tout le monde.

4. Immortals Fenyx Rising, la version comédie

L'anti-God of War : un monde ouvert coloré où Typhon, le pire monstre de la mythologie, a pétrifié les dieux, et où une héroïne débutante doit tout réparer. Le récit est raconté en voix off par Zeus et Prométhée qui se chamaillent en permanence — et c'est là que le jeu brille : sous la comédie, les mythes sont racontés avec une vraie tendresse. Parfait en famille, ou pour réviser en riant.

5. Apotheon, le vase grec jouable

Le plus beau parti pris esthétique du lot : Apotheon est entièrement dessiné dans le style des céramiques à figures noires — jouer, c'est littéralement se battre sur la panse d'une amphore. On y gravit l'Olympe pour reprendre aux dieux ce qu'ils ont retiré aux hommes, à la lance et au bouclier. Moins connu que les autres, mais aucun jeu ne ressemble davantage à la source.

6. Assassin's Creed Odyssey, la Grèce grandeur nature

Moins mythologique que les autres au sens strict — on y parcourt la Grèce bien réelle de la guerre du Péloponnèse —, mais aucun jeu ne donne autant le vertige du lieu : Athènes, Delphes, Sparte, les Cyclades, reconstituées à l'échelle. Et les créatures finissent par s'inviter, Méduse et Minotaure en tête, dans des affrontements qui rappellent que pour les Grecs, le mythe et la carte étaient le même territoire.

Le mot de la fin

Six jeux, six registres : la tragédie familiale chez Hades, la fureur chez Kratos, la comédie chez Fenyx, le musée chez Apotheon, la géographie chez Ubisoft — et la mécanique pure chez Apotheoze, qui prouve qu'un mythe bien choisi tient dans une règle de trois lignes. Les Grecs racontaient ces histoires pour expliquer le monde ; nous, on les rejoue pour le plaisir de le voir nous résister. Sisyphe apprécierait.