Un PC gamer miniature pour moins de 200€ ? C'est exactement ce que permet le Raspberry Pi 5 modèle 8 Go, une carte électronique de la taille d'une carte bancaire capable de faire tourner des jeux vidéo. Le projet peut sembler fou, mais le résultat est bluffant — et surtout, il est reproductible par n'importe qui armé d'un tournevis et d'un peu de patience.
Le kit de base : tout commence avec un Raspberry Pi 5
Le cœur de ce mini PC gamer repose sur le Raspberry Pi 5, référence absolue dans l'univers des nano-ordinateurs. Pour ceux qui n'ont jamais manipulé ce type de matériel, c'est une carte électronique compacte sur laquelle se trouvent processeur, connectique et tout ce qu'il faut pour faire fonctionner un système d'exploitation complet. Trois versions coexistent : 4 Go, 8 Go et 16 Go de RAM. On opte ici pour la version intermédiaire, le meilleur compromis entre prix et performances.
Le kit complet acheté pour ce projet est revenu à 175€ au moment de l'achat. Attention : les prix ont fortement grimpé depuis, et on le trouve désormais autour de 230 à 240€ sur Amazon. Ce kit inclut l'alimentation officielle Raspberry, une carte micro SD de 32 Go avec l'OS maison préinstallé, quelques câbles et un boîtier basique fonctionnel. Ce boîtier d'origine fera le travail pour débuter, mais il ne ressemble en rien à un PC gamer. C'est là qu'un investissement supplémentaire change tout.
Pour stocker davantage de données, on ajoute également un SSD NVMe de 512 Go — parce que 32 Go, c'est honnêtement insuffisant dès qu'on commence à installer plusieurs applications. La génération Gen 3 s'avère compatible avec ce boîtier. Résultat : 32 Go dédiés à l'OS et 512 Go disponibles pour le reste.
Le boîtier gamer — l'assemblage pas à pas d'un mini PC de compétition
C'est le boîtier de la marque Electro, à une quarantaine d'euros, qui transforme ce projet en vrai PC gamer miniature. À l'intérieur de la boîte, tout est démonté : ventilateurs, extensions, écran OLED, bouton d'alimentation, pâte thermique, plaque NVMe et un vrai ventirad format CPU en miniature. Un délicieux chaos de DIY.
L'assemblage suit cette logique générale :
- Fixer le châssis principal et préparer les emplacements de vis
- Installer la micro SD dans la carte Raspberry avant toute chose — elle devient inaccessible ensuite
- Appliquer les pâtes thermiques sur le processeur et les composants secondaires
- Monter le ventirad miniature sur la carte
- Fixer les deux extensions (connectique HDMI standard + slot NVMe)
- Insérer le SSD NVMe et visser les trois ventilateurs de boîtier
- Brancher le bouton d'alimentation, l'écran OLED et gérer le câble management
Un conseil précieux tiré d'expérience — brancher les ventilateurs avant de fermer le boîtier. Négliger cette étape oblige à tout démonter, ce qui n'est pas une partie de plaisir avec des connecteurs aussi minuscules. Le manuel, en anglais, est suffisamment illustré pour s'en sortir sans lire une seule ligne — les images font le travail. L'écran OLED intégré affiche des infos système en temps réel, petite touche geek indéniable.
Une fois fermé, le résultat est visuellement impressionnant : fenêtre latérale en plexiglas, ventilateurs apparents sur le dessus, connectiques propres à l'arrière. Un vrai mini PC gamer, pas une boîte noire sans âme.

Tests gaming — ce que ce PC gamer ultra compact sait vraiment faire
Premier constat au démarrage : l'OS Raspberry s'installe sans friction grâce à la micro SD préconfigurée. Connexion Wi-Fi directe — le Raspberry Pi 5 intègre le Bluetooth et le Wi-Fi nativement, sans antenne externe. Le bruit des quatre ventilateurs combinés est perceptible, légèrement strident, davantage que celui d'une tour classique. Pas rédhibitoire, mais à noter.
| Jeu testé | Méthode | Résultat |
|---|---|---|
| Minecraft (version Raspberry) | Installation via PiApps | Jouable, performances correctes |
| Fortnite | GeForce NOW (cloud gaming) | Fluide, graphismes élevés |
Pour Minecraft, une version spécifiquement compilée pour Raspberry tourne de façon satisfaisante via l'application PiApps — l'équivalent d'un store dédié à l'écosystème Raspberry. C'est différent d'une installation Windows, mais pas insurmontable avec un minimum de curiosité et, pourquoi pas, un coup de main de ChatGPT pour les lignes de terminal.
Pour les jeux AAA comme Fortnite, la solution est le cloud gaming via GeForce NOW de Nvidia. Le Raspberry ne fait ici que relayer la connexion : les serveurs Nvidia font tourner le jeu, le résultat s'affiche en haute qualité sur l'écran branché. La latence, problématique aux débuts du cloud gaming, a été largement réduite. Une console standard coûte en moyenne 500 à 600€ — ce mini PC, lui, en demande moins de 300€ tout compris, avec accès à une bibliothèque de jeux bien plus large.
Aller plus loin avec ce mini PC : émulation, rétro et bidouille
Ce que ce projet effleure à peine, c'est le vrai potentiel du Raspberry Pi 5. L'univers de l'émulation, par exemple, ouvre des portes considérables : NES, SNES, PlayStation, voire Nintendo 64 tournent sans effort sur ce hardware. Si le retro gaming sur Steam Deck vous a donné le goût des classiques, imaginez les mêmes titres tournant sur une machine de la taille d'une boîte d'allumettes posée sur votre bureau.
Au-delà du gaming, ce nano-ordinateur peut devenir un serveur domestique, une station de code, un media center ou un système domotique. Les puristes du Raspberry sourient sûrement en lisant ça — et ils ont raison de le faire, tant les possibilités dépassent largement ce premier test. Le matériel est là, les extensions sont en place. La prochaine étape logique serait d'chercher RetroPie ou Batocera pour une expérience rétro complète, ou même de tenter une configuration dual-boot pour mixer l'OS officiel avec une distribution Linux plus musclée.